East India Company : grand plat armorié en porcelaine aux armes de Sir Fraser de Ledeclune, baronnet
500,00 €
Grand plat armorié en porcelaine chinoise d’exportation, réalisé à la fin du XVIIIᵉ siècle pour Sir William Fraser de Ledeclune (1737-1818), 1er baronnet et capitaine de la East India Company. Décoré de ses armoiries peintes à la main, ce remarquable témoignage des échanges entre la Chine et la Grande-Bretagne associe l’élégance de la porcelaine d’exportation chinoise au prestige de l’héraldique écossaise. Une pièce rare, destinée aux amateurs de porcelaines armoriées, d’histoire maritime et de collections nobiliaires.
Diamètre : 35 cm.
Poids : 1,6315 kg.
Etat remarquable : ni cheveux, ni égrénures.
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Description
Les porcelaines réalisées en Chine pour la East India Company figurent aujourd’hui parmi les objets les plus recherchés par les collectionneurs de céramiques anciennes, d’histoire maritime et d’héraldique. Ce remarquable grand plat armorié en porcelaine chinoise d’exportation est décoré des armes de Sir William Fraser de Ledeclune (1737-1818), 1er baronnet, capitaine au service de la Compagnie anglaise des Indes orientales. À la croisée des arts décoratifs, de la noblesse britannique et du grand commerce international, cette pièce constitue un précieux témoignage de l’âge d’or des échanges entre l’Europe et la Chine à la fin du XVIIIᵉ siècle.

East India Company : la grande aventure des porcelaines d’exportation chinoises
Fondée en 1600, la Compagnie anglaise des Indes orientales – plus connue sous son nom anglais de East India Company – est l’une des plus puissantes entreprises commerciales de l’histoire. Ses navires parcourent les océans pendant plus de deux siècles, reliant Londres aux grands ports de l’Inde, de Ceylan et de la Chine. Parmi les marchandises les plus précieuses qu’ils rapportent figurent le thé, la soie, les épices… mais aussi la porcelaine chinoise.
Les familles aristocratiques, les riches négociants et les officiers de la Compagnie commandent alors directement auprès des ateliers chinois des services personnalisés portant leurs armoiries. Les dessins étaient envoyés depuis l’Europe jusqu’à Canton, où des peintres spécialisés reproduisaient avec une étonnante précision les blasons occidentaux sur une porcelaine d’une qualité exceptionnelle.
Chaque commande demandait plusieurs mois, parfois plusieurs années, entre la préparation des modèles, la fabrication, la décoration, la cuisson et le transport maritime. Cette longue chaîne explique la rareté des porcelaines armoriées conservées jusqu’à nos jours.

Une commande prestigieuse pour Sir William Fraser de Ledeclune
Le présent plat est décoré des armes de Sir William Fraser de Ledeclune (1737-1818), personnalité importante de l’Écosse de la fin du XVIIIᵉ siècle, issu de la famille noble des Fraser de Lovat. Il devient en 1760 officier puis vers 1772 capitaine de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Son activité le conduit à naviguer régulièrement entre la Grande-Bretagne, l’Inde et la Chine, au cœur même des routes commerciales les plus stratégiques de son époque. On lui doit en 1762 le calcul de la longitude en mer par observation de la Lune, il contribua à l’intérêt des Britanniques pour la Nouvelle Guinée qui aboutit à une première prise de possession de cette île en 1793.
En récompense de ses services, il est créé 1st Baronet of Ledeclune en 1806. Sa famille – le titre s’est éteint en 1979 – appartient à l’une des nombreuses branches de l’ancienne maison écossaise des Fraser, dont les origines remontent au Moyen Âge.
Il est particulièrement vraisemblable que ce plat ait été commandé dans le cadre d’un service de table personnel destiné à illustrer le rang social de son propriétaire. Les porcelaines armoriées de Chine étaient alors des objets de prestige que l’on exposait lors des réceptions officielles et des grands dîners.

Les armes des Fraser de Ledeclune
Les armes représentées sur cette porcelaine sont celles de la famille Fraser de Ledeclune, parfaitement identifiables grâce aux armoriaux britanniques.
En voici le blasonnement tel que décrit par Rietstap :
Ecartelé : aux 1 et 4 d’azur à la bande engrêlée d’argent (Fenton), accompagnée de trois quintefeuilles du même, 2 en chef et 1 en pointe (Fraser) ; au canton gironné d’or et de sable (Campbell) ; aux 2 et 3 d’argent à trois couronnes à l’antique de gueules (armes de concession).
Cimier : une tête et col de cerf de gueules.
Supports : deux cerfs au naturel, ramés et onglés d’or, ornés d’un collier d’azur auquel est suspendu un écusson gironné d’or et de sable, posant chacun une des pattes sur une ancre de sable en fasce.
Devise : JE SUIS PREST.
Le blason reprend les célèbres quintefeuilles vus comme des « fraises » (strawberry flowers) qui constituent les armes parlantes des Fraser depuis plusieurs siècles. La composition est accompagnée de ses ornements extérieurs correspondant au rang de baronnet.
Ces armes sont notamment décrites dans l’Armorial général de Rietstap, dans The Baronetage and Knightage de Joseph Foster, ainsi que dans plusieurs ouvrages généalogiques britanniques consacrés à la noblesse écossaise. Un ex-libris armorié de la famille Fraser de Ledeclune est également conservé et permet de comparer directement les armes utilisées sur les ouvrages de la bibliothèque familiale avec celles peintes sur cette porcelaine.
Cette concordance héraldique renforce l’intérêt historique de la pièce et permet une attribution particulièrement solide.

Une porcelaine armoriée réalisée en Chine
Les porcelaines armoriées représentent l’une des productions d’exportations les plus fascinantes de la Chine aux XVIIème et XVIIIème siècle.
Contrairement aux porcelaines destinées au marché chinois, ces pièces étaient spécialement créées pour satisfaire les goûts occidentaux. Les artisans chinois reproduisaient fidèlement des modèles héraldiques qu’ils ne connaissaient pourtant pas, allant jusqu’à respecter les émaux, les partitions de l’écu et les ornements les plus complexes.
Le résultat est un étonnant dialogue artistique entre deux civilisations : d’un côté, la tradition héraldique européenne héritée du Moyen Âge ; de l’autre, la maîtrise technique incomparable des porcelainiers chinois.
Chaque exemplaire est donc unique puisqu’il répond à une commande nominative passée par une famille déterminée.
Pourquoi collectionner une porcelaine de la East India Company ?
Les porcelaines liées à la East India Company connaissent depuis plusieurs décennies un intérêt croissant auprès des collectionneurs internationaux.
Elles séduisent plusieurs catégories d’amateurs :
- les collectionneurs de porcelaines chinoises d’exportation ;
- les passionnés d’histoire maritime ;
- les spécialistes de l’Empire britannique ;
- les amateurs d’héraldique ;
- les généalogistes ;
- les collectionneurs de souvenirs de la Compagnie des Indes.
Contrairement aux porcelaines décoratives produites en grandes séries, les porcelaines armoriées racontent toujours une histoire personnelle. Elles permettent d’identifier leur commanditaire, de retracer son parcours et parfois même de suivre les alliances familiales au fil des générations.
Cette dimension historique explique leur présence dans beaucoup de collections publiques et privées consacrées aux arts décoratifs.
Une pièce de choix pour un cabinet de curiosités
Par ses dimensions, la qualité de sa décoration et la richesse de sa provenance, ce grand plat armorié constitue une pièce idéale pour un cabinet de curiosités, une bibliothèque ancienne ou une collection consacrée aux voyages et au commerce maritime.
Il évoque tout un univers : celui des grands voiliers franchissant le cap de Bonne-Espérance, des cargaisons de thé et de porcelaine arrivant dans les docks londoniens, des familles écossaises enrichies grâce au commerce international et des artisans chinois capables de peindre avec une précision remarquable des armoiries venues de l’autre bout du monde.
Au-delà de son intérêt esthétique, cette porcelaine est un véritable document historique.
Une œuvre emblématique de l’activité de la East India Company, au carrefour de l’héraldique, de la noblesse et du China Trade
Peu d’objets réunissent avec autant d’élégance l’histoire de la noblesse écossaise, la porcelaine chinoise, l’héraldique et les grandes routes commerciales du XVIIIᵉ siècle. Destiné à un capitaine devenu baronnet après une brillante carrière au sein de la East India Company, ce grand plat armorié est bien davantage qu’un simple objet décoratif : il est le témoin matériel d’une époque où les océans reliaient les continents, où les armoiries voyageaient jusqu’aux ateliers de Canton et où les plus belles porcelaines étaient créées sur commande pour les grandes familles européennes. Son exceptionnelle provenance en fait une pièce de collection de premier ordre, aussi précieuse pour l’historien que pour l’amateur d’arts décoratifs.
Références bibliographiques
L’identification des armes repose sur plusieurs sources concordantes :
- Mackenzie, Alexander. History of the Frasers of Lovat: With Genealogies of the Principal Families of the Name: to which is Added Those of Dunballoch and Phopachy. United Kingdom, A. & W. Mackenzie, 1896, pp. 567 et suivantes
- Wikipedia. Sir William Fraser, 1er baronnet [En ligne]
- Wikipedia. Fraser baronets of Ledeclune (1806) [En ligne]
- Foster, Joseph. The Peerage, Baronetage, and Knightage of the British Empire for 1881. United Kingdom, Nichols and Sons, 1881, vol. 2, p. 242
- Rietstap, Jean-Baptiste. Armorial général contenant la description des armories des familles nobles et patriciennes de l’Europe. Gouda, J.D. van Goor, 1861 (1ère édition), p. 392
- Ex-libris armorié conservé et répertorié dans le Répertoire des Ex-Libris Français.
Ces références permettent d’inscrire cette pièce dans une généalogie parfaitement documentée et renforcent considérablement son intérêt historique.
Dimensions
Diamètre : 35 cm.
Poids : 1,6315 kg
Informations complémentaires
| Dimensions | 12,5 × 20 × 33,5 cm |
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